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Les staffs techniques nationaux outrés par la décision de la FABB Basketball AlgérieLa décision de la Fédération algérienne de basket-ball (FABB) de ne pas envoyer les sélections nationales juniors (U18), filles et garçons, n’a pas été appréciée par les staffs techniques nationaux.

Et pour cause ! Mounir Meftahi et Ahmed Bendjabou, respectivement entraîneurs nationaux des U18 filles et U18 garçons, n’ont pas tardé à réagir à cette décision qu’ils rejettent et qu’ils qualifient d’inacceptable.

«Je dirais que c’est une décision qui n'arrange pas le basket-ball algérien. On est conscient que la situation sanitaire est très difficile à gérer, mais le Covid-19 a touché tout le monde. L'Afro-Basket des U18 est toujours maintenu. Les responsables de la Fiba Afrique savent ce qu'ils font. Si c’est vraiment grave, l'Afro-Basket aurait été reporté. Le tournoi de l'Afro-Basket est toujours maintenu du 1er au 10 décembre au Caire. Les plans de vol existent pour une équipe nationale qui a une compétition officielle. C'est inacceptable que nos efforts partent en fumée. On a fait 10 stages pour préparer cette échéance. Tout joueur, joueuse et coach aimerait bien participer à cette compétition importante.
Pour les U18 filles, on a une bonne équipe qui renferme des joueuses de France et d'Algérie et qui visera le podium. On n'accepte pas qu'on soit écarté du jour au lendemain. Les parents, joueuses et staff, se sont sacrifiés pour cette échéance. Il y a des athlètes qui avaient le bac, mais elles avaient répondu présents. Des joueuses binationales sont venues en Algérie pour honorer les couleurs de l'Algérie. On s'est donné à fond aux entraînements pour le bien de notre pays. On n'accepte pas de ne pas y aller, on demande au président de la FABB de reconsidérer sa décision. D'ailleurs, moi en tant que coach, j’ai appris l'information sur Facebook et par voie de presse, parce que jusqu’à maintenant, on ne nous a rien dit à la FABB», pestera Mounir Meftahi, le coach de la sélection nationale U18 filles qui espère que le président de la fédération change d’avis. Pour sa part, Ahmed Bendjabou, le driver des juniors, a préféré dans un premier temps temporiser avant de se lâcher sur les réseaux sociaux. D’abord, en rédigeant un message privé à ses jeunes joueurs qu’il a remerciés d’avoir répondu souvent aux convocations de la sélection avant de leur souhaiter de réussir, chacun, et dans sa carrière et dans sa vie. «On n’a 18 ans qu’une fois dans la vie», a répondu Bendjabou à un commentaire d’un des amis qui avait assuré qu’ils (ces jeunes joueurs, ndlr) auront une autre occasion à l’avenir. « Le malheur des uns fait le bonheur des autres. L’équipe nationale U18, qui est l'avenir du basket-ball algérien et qui mérite de participer à l'Afrobasket- 2020 en Égypte, en décembre, n'aura pas cette sa chance, comme celle de 2017 qui s’était classée 11e…», dira Bendjabou qui n’arrive pas à digérer cette décision. «Déception pour notre pauvre discipline. Je n'arrive pas à comprendre comment d'autres nations, pauvres, vont participer telles que le Mali, la Guinée, le Nigeria, le Cameroun, le Sénégal, le Mozambique... Et nous, avec tout ce que nous possédons, l'Etat n'arrive même pas à faire bouger un avion... C'est une humiliation pour nous tous les basketteurs. Message bien reçu et la leçon a été bien apprise», dira à son tour Farouk Rachid Saifi, membre du staff technique national des U18.
Cette décision a été largement dénoncée par les spécialistes sur les réseaux sociaux dont des entraîneurs, des arbitres et d’anciens membres fédéraux. «La tutelle doit bouger pour mettre en place un plan de vol afin de redorer le blason au basket algérien et lever haut l'étendard du pays. C'est de l'irresponsabilité de laisser tomber des jeunes qui ont tout donné pour être à l'heure afin d'affronter les autres pays. Contrairement à l'équipe seniors, les U18 n'ont pas été touchés par le Covid-19. Si vraiment la raison est pécuniaire, c'est inacceptable. Réquisitionner un avion pour un État de la taille de l'Algérie doit être possible», affirment-ils. Et de préciser que «le jour où tous nos basketteurs, anciens et jeunes, se réuniront autour d’une même table et laisseront leurs différends de côté là, on pourra dire que le basket va démarrer sur de bonnes bases. Il faut arrêter l'esprit de l'égoïsme et des clans. Le basket appartient à tous les basketteurs, sans distinction. En ce qui concerne nos équipes nationales seniors et U18 filles et garçons, j'aimerais bien que ces sélections participent. Il faut mettre tous les moyens à leur disposition parce que les encadrements techniques et administratifs ont fait un grand travail et il faut que celui-ci soit évalué à l'échelle africaine et arabe. On ne peut pas donner des évaluations techniques sans la participation de ces sélections aux différents championnats internationaux. Alors, messieurs les responsables, trouvez-nous une solution. L'idée de ne pas participer va nous faire reculer d'une dizaine d'années…», sont les quelques commentaires des spécialistes.

Le Soir d'Algérie

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