Get Adobe Flash player

Rabah Bouarifi : «Tant que je serai là, Faid n’entraînera plus la sélection nationale» Basketball nAlgérie basketalgerie.comRabah Bouarifi, président de la Fédération algérienne de basket-ball (FABB), qui n’a pas apprécié la dernière sortie de Bilal Faid,

ex-entraîneur national, qui l’avait accusé d’ingérence dans les affaires de la sélection et l’absence de moyens logistiques pour les stages des Verts, tient à remettre les choses dans leur contexte en affirmant d’emblée que Faid «n’a pas claqué la porte de la sélection puisque son contrat est arrivé à son terme le 1er décembre courant.
«Comment peut-il se permettre d’annoncer sa démission alors que le bail qui le liait avec la Fédération a expiré au 1er décembre 2021», a-t-il tenu à préciser tout en regrettant le comportement de son ex-sélectionneur qu’il trouve «indigne» pour avoir critiqué la fédération, son président et la sélection. «Je vais tout expliquer sur ce qui se passe dans le sport en général et particulièrement dans le basket-ball. Je tiens à préciser que tous les acteurs de la discipline savent ce qui se passe dans cette discipline, on est souvent en contact, les portes de la Fédération sont toujours ouvertes. Après notre retour aux affaires du basket-ball en avril 2019 avec l’élection du nouveau bureau fédéral, nous avons trouvé une situation catastrophique, avec le Championnat à l’arrêt, la grève des arbitres entre autres. Nous avons d’abord essayé de regrouper toute la famille du basket-ball et colmater les brèches et nous avons réussi à faire redémarrer le Championnat et terminer la Coupe d’Algérie. Nous avons ensuite lancé la saison 2019/2020, malheureusement arrêtée en mars 2020, et ce, à cause de la pandémie du Covid-19. Il y a eu ensuite une assemblée élective en avril dernier à l’issue de laquelle un nouveau bureau fédéral a été élu selon un programme bien défini qui est celui du président qui a été adopté par l’Assemblée générale. Entre temps, nous avons travaillé avec les ligues et les jeunes avec la mise sur pied des sélections U16 et U18. D’ailleurs, au mois d’août dernier, les cadets et les cadettes ont terminé à la 3e place des Championnats d’Afrique, nous avons aussi organisé les réunions du Collège technique pour rassembler tous les techniciens. Tout s’est bien déroulé et la nouvelle saison a été lancée avec les différents Championnats nationaux», nous dira Bouarifi, qui nous a reçu dans son bureau, en compagnie de Toufik Chebani, le directeur technique national (DTN).

«C’est honteux de la part d’un entraîneur national de parler des tenues»
«Quant à l’équipe nationale, il faut préciser qu’il n’y a pas que les seniors, nous avons d’autres sélections à savoir les U16 et U18, filles et garçons et nous avons également lancé les U23. Nous allons participer en 2022 au Championnat d’Afrique U18 avec de meilleures ambitions de faire mieux que les cadets et cadettes. C’est tout un travail qui se fait à la base, ce n’est pas uniquement l’équipe A qui bénéficie de toutes les conditions pour travailler et se préparer convenablement. Certes, c’est la vitrine du basket-ball et elle bénéficie de la plus grande attention. Maintenant, je vais vous dire ce qui s’est passé avec cet entraîneur, que j’ai moi-même aidé en 2019 en lui offrant la possibilité de prendre en main la barre technique nationale. Il avait toute notre confiance depuis son arrivée, soit depuis 2019 jusqu’au jour de son départ. Cette personne ne doit pas tromper l’opinion publique et le milieu du basket-ball, car tout le monde connaît la valeur de cette personne et tout ce qui s’est passé. Figurez-vous qu’après deux ans et tous les moyens mis par la fédération à sa disposition, il affirme qu’il n’a pas d’équipe nationale. Mais c’est grave ! En deux années, il n’a participé qu’à deux tournois dont le dernier au tour éliminatoire de l’Afrobasket-2021, en janvier 2020. Certes, on devait participer aux éliminatoires en novembre 2020 à Kigali, malheureusement, l’équipe, qui avait été décimée par la Covid-19 dont l’entraîneur lui-même était contaminé, a été contrainte de déclarer forfait à cause également de l’absence d’un plan de vol pour le Rwanda, et ce, suite à la fermeture des frontières du pays. La préparation de la sélection allait reprendre normalement avec la préparation des prochaines échéances notamment la Coupe arabe des nations de 2022 prévue en février prochain. Toutefois, quelle fut ma surprise lorsque cette personne m’avait annoncé que la sélection n’allait pas participer à la Coupe arabe ! Je demande pourquoi, elle me répond que nous n’avons pas d’équipe nationale. Mais c’est vraiment grave de dire des choses pareilles. Premièrement, ce n’est pas à l’entraîneur de décider de la participation ou non de la sélection, c’est à la Fédération d’en décider», poursuit Bouarifi qui a préféré ne pas citer le nom de Faid Bilal le nommant à chaque fois par cette personne ou ce personnage.

«Il a vidé la sélection de son ossature»
«Nous lui avons laissé deux années de travail en mettant tous les moyens à sa disposition pour qu’il vienne aujourd’hui me balancer que la sélection ne va pas participer. Dire qu’on n’a pas d’équipe nationale, c’est diminuer toutes les capacités de nos joueurs locaux, et Dieu sait que nous avons des joueurs de qualité. Alors qu’il est clair que la Fédération lui avait demandé au départ de préparer une équipe nationale locale, sans les professionnels, parce qu’on connaît bien la valeur des joueurs évoluant à l’étranger (…) Il a évoqué l’histoire des tenues, mais c’est grave de sa part. Quand on parle de l’équipe nationale, on ne parle pas de ces détails aux médias, il n’avait qu’à faire d’abord son travail convenablement. Nous avons fourni des tenues réversibles aux joueurs qu’ils utilisent et tous les autres moyens. Et pour mettre l’équipe dans de bonnes conditions, j’ai profité de l’occasion de l’Afrobasket U16, je l’ai envoyé pour organiser un stage en égypte où les seniors de la sélection ont disputé des matchs amicaux. Et depuis le retour d’égypte, la sélection n’a effectué que 14 jours de stage. Ce personnage, malhonnête, parle des stages annulés, certes, on devait en programmer un en Serbie, malheureusement, nous avons eu le problème des visas avec la pandémie. Ce sont des choses qui arrivent, ce n’est pas de la faute de la Fédération, mais il pouvait bien effectuer ce stage ici en Algérie et rassembler tous les joueurs. Pour moi, dire toutes ces sottises qu’il a racontées, c’est mesquin, c’est usé d’un langage bas, très bas», se lâche le président de la FABB, qui tient à témoin le DTN, sur toute la confiance qu’il avait accordée à son ancien sélectionneur qui l’a d’ailleurs accusé d’ingérence dans les affaires de la sélection nationale. «En parlant d’ingérence, je veux juste rappeler que c’est la même histoire qui se répète comme en 2013. Dès qu’on serre légèrement le boulon à cet entraîneur, il trouve des excuses. Il oublie que je suis le président de la fédération qui a un droit de regard sur ce qui se passe au niveau de la sélection nationale. Elle ne lui appartient pas, il a été recruté par la Fédération, pas par le ministère. C’est une honte de dire au ministère que je suis prêt à venir (…) Quant aux problèmes de discipline qu’il a évoqués avec certains joueurs, je tiens à informer tout le monde que cet entraîneur a écarté tous les joueurs de la sélection, l’ossature, qu’il a remplacé par des jeunes, une bonne chose bien sûr, ce que nous encourageons, mais par des joueurs qu’il domine sous son autorité. On s’est rendu compte qu’il ne dominait plus le groupe. Il parle de discipline, alors que c’est lui qui devait mettre de la discipline dans la sélection. Au lieu de cela, il a disloqué le groupe. Il a éliminé, à titre d’exemple, un joueur de Boufarik de plus de 2 mètres (2.09) ou encore Hamdini qui est actuellement le meilleur joueur en Algérie dans son poste, en plus d’autres éléments de l’ossature. Nous avons fait une enquête, et nous nous sommes rendus compte que cette histoire avec Hamdini ne date pas d’aujourd’hui. Elle remonte à l’époque où il entraînait le GS Pétroliers. Moi, en tant que président, je ne cherche pas à comprendre leur différent personnel, c’est un bon joueur et je l’ai convoqué dans ce bureau avec le capitaine de l’équipe nationale pour connaître la vérité. J’ai entendu les témoignages des autres joueurs et de l’entraîneur-adjoint sur ce qui s’est réellement passé en égypte. Tout le monde s’accorde pour dire que le joueur n’a pas eu un écart disciplinaire en égypte. On n’allait pas le sanctionner parce que l’entraîneur a un différent avec ce joueur. Vous savez lorsque le joueur, avec le témoignage de ses camarades et de l’entraîneur-adjoint, est venu demander des excuses à l’entraîneur, il l’avait insulté. C’est grave de la part d’un entraîneur national. Le rôle d’un éducateur et d’un entraîneur est d’être un exemple pour tous les joueurs. Je tiens à préciser aujourd’hui que lorsque cette personne est revenue en Algérie elle n’avait aucun poste, alors je lui ai proposé de préparer l’équipe nationale des locaux, une équipe compétitive, moyennant un salaire. Il est regrettable qu’il parte de la sorte, il aurait pu laisser sa place propre. S’attaquer au président de la Fédération et à la sélection, c’est s’attaquer à la toute la discipline», dira Bouarifi qui affirme qu’heureusement, il ne lui a pas signé la prolongation de son contrat qui a expiré le 1er décembre.

«Il cherchait à devenir manager général au MC Alger»
«Quand il m’a dit qu’on n’allait pas participer à la Coupe arabe, dans ce bureau, je lui réponds que je vais d’abord discuter avec le bureau fédéral avant de prendre une décision. Le lendemain, j’expose le sujet aux membres du BF, lors de la réunion, et tout le monde a dit qu’il n’est pas question de ne pas participer, notre sélection doit prendre part à la Coupe arabe. On veut surtout participer à cette Coupe arabe pour connaître le niveau de sélection qui n’a pas joué depuis janvier 2020, et voir le niveau de certains éléments d’autant plus qu’en 2022, il va y avoir l’Afrocan. Je me suis rendu compte de son petit manège, qu’il allait partir depuis trois mois qu’il a commencé à créer ces histoires. Je savais qu’il avait sollicité le MCA pour prendre le poste du manager général en leur promettant de leur ramener de grands joueurs. Malheureusement pour lui, au MCA tous les joueurs sont contre son retour au Mouloudia. Je ne voulais pas en parler, mais maintenant, tout le monde doit connaître cette personne qui n’a pas cessé de courir derrière le président du MCA pour qu’il l’engage. Pour nous, c’était clair, son contrat est terminé et non renouvelé, alors il n’est plus entraîneur national d’autant plus j’ai compris son manège depuis des semaines. Avec Ahmed Bendjabou qui est nommé entraîneur national, la sélection nationale va poursuivre sa préparation en prévision de la Coupe arabe. Bendjabou a travaillé en tant qu’adjoint et connaît parfaitement la sélection», enchaîne le président de la FABB qui regrette le geste du désormais ancien sélectionneur national qui avait refusé de rencontrer le DTN. «J’ai chargé le DTN de convoquer l’entraîneur national au siège de la Fédération pour qu’on discute, pour qu’on évoque tous les points en relation à la sélection, mais il a refusé tout simplement, ce que je qualifierai d’acte d’insubordination. Il est un employé de la fédération, pas du ministère. Parce que tout simplement, il savait qu’on n’allait pas reconduire son contrat. Et c’est faux ce qu’il a annoncé, il n’a pas démissionné, son contrat a expiré et je n’allais pas le reconduire», dira Bouarifi qui affirme que Faid Bilal a été payé selon les termes du contrat qui a expiré. «Payer un entraîneur à 250 000 DA/mois pendant deux ans sans qu’il nous prépare une équipe digne de ce nom, il a mieux à faire que de s’en prendre à la Fédération qui l’a engagé alors qu’il était au chômage», telles sont les quelques réactions de Rabah Bouarifi, qui au bout d’une heure de discussion dans son bureau, outré par les déclarations de Bilal Faid, n’a pas arrêté de développer son programme qu’il compte exécuter avant la fin de son mandat, tout en affirmant que ce sera le dernier.

Le Soir d'Algérie

Commentaires :